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De la place du Trône à la place de la Nation

Avenue du Trône

trône porte st antoine

Entrée du roi à Paris en 1660 : le trône élevé [à l'extrémité du faubourg] Saint-Antoine, estampe, château de Versailles

Au milieu du XVIIe siècle, une vaste campagne en dehors de la ville, composée de maisons, de jardins et d’établissements religieux, régnait sur le site de l’actuelle avenue du Trône. C’est l’entrée solennelle de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Espagne dans Paris, en 1660, qui suscita la « place du Trône ». Pour accueillir le couple royal à leur retour de Saint-Jean-de-Luz, une splendide architecture éphémère symbolisant le trône de France avait été érigée dans le faubourg Saint-Antoine. 

jacques rigaud vue bastille

Jacques Rigaud (vers 1681-1754)

Vue de la Bastille de Paris, de la porte Saint-Antoine et d’une partie du faubourg, vers 1730, gravure, château de Versailles

Afin de commémorer l’entrée solennelle du roi et de la reine, Jean-Baptiste Colbert souhaita l’érection d’une porte triomphale. Il lança un concours en 1669, remporté par Claude Perrault, qui imagina un monument soutenant la statue équestre du roi. Un arc de triomphe provisoire en plâtre et en bois, à la gloire de Louis XIV, fut d’abord disposé, avant la pose de la première pierre, le 4 août 1670, et l’interruption rapide du chantier.

L’arc de triomphe de Perrault ne fut jamais achevé et les quelques éléments tout de même assemblés furent démolis en 1716. Il devait faire pendant à l’arc de triomphe jouxtant la forteresse de la Bastille, que le roi Henri II avait autrefois fait ériger à l’autre extrémité de la rue du Faubourg-Saint-Antoine. Cette « porte Saint-Antoine » fut, en 1670, dotée de deux arches latérales par l’architecte Nicolas-François Blondel, comme l’atteste la gravure de Jacques Rigaud, et fut également dédiée à la commémoration de l’entrée solennelle du roi.

Avenue du Trône

place du Trône 2

L’aménagement de la place du Trône n’évolua plus guère, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. En 1787, l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, chargé d’ériger les barrières d’octroi du mur des Fermiers-Généraux, conçut deux colonnes pour signaler l’entrée du cours de Vincennes, en plus des habituels pavillons. En souvenir du projet de Perrault, Ledoux accorda une importance particulière à cette barrière qui, avec celle de l’Étoile, célébrait les entrées royales.

Deux colonnes monumentales, dont le piédestal sert de guérite, furent ainsi associées à deux pavillons identiques, autrefois reliés par des grilles, destinés à abriter les bureaux et les logements des commis de l’octroi. Les colonnes de Ledoux présentaient initialement un fût lisse et devaient recevoir un décor allégorique, jamais réalisé, représentant la liberté du commerce et de la fortune publique.

bariière du Trône

Les pavillons de la Barrière du Trône (1784-1788)

Les bureaux et les logements des commis de l’Octroi occupèrent les deux pavillons situés de part et d’autre de l’avenue du Trône. Pour l’architecture de ces deux pavillons, Ledoux s’inspira de l’antiquité et employa des combinaisons de formes géométriques simples. Il conçut deux bâtiments carrés en pierre de taille, présentant quatre façades symétriques couronnées d’une corniche à consoles saillantes et d’un fronton triangulaire.

Les deux édifices s’appuient sur un entresol élevé, séparé par un bandeau en fort relief. Sur les façades principales, une réserve de pierre signale le projet jamais réalisé d’un motif ornemental dans le tympan du fronton. A l’intersection des quatre toits, chaque pavillon est coiffé d’un attique carré, légèrement en retrait.

détail barrière du trône 3

Le porche d’entrée du pavillon nord

La façade principale des pavillons de la Barrière du Trône est constituée d’un porche voûté en plein cintre, dont l’extrados est décoré de claveaux saillants. Au fond de l’intrados du porche, un arc en plein cintre, resserré par un mur de clôture, retombe sur la corniche de l’entresol, elle-même soutenue par deux piliers engagés, de section rectangulaire et à chapiteau dorique.

En 1792, la place fut rebaptisée « place du Trône-Renversé » ; une guillotine s’y dressa au mois de juin 1794 où, en quelques jours seulement, maints condamnés politiques perdirent la vie.

Sous la Monarchie de juillet et le Second Empire, plusieurs projets d’aménagement de la Barrière du Trône furent envisagés : l’érection de l’éléphant initialement prévu pour la place de la Bastille, un nouvel arc de triomphe, en pendant à celui de l’Étoile, dont une maquette en grandeur réelle fut réalisé en 1862.

place du Trône

Le décor sculpté de la colonne sud (1843-1845)

Sous le règne de Louis-Philippe, le fût des colonnes de la Barrière du Trône reçut des cannelures. Des trophées d’armes, sculptés par Antoine-André Marneuf, et des figures allégoriques, se tenant debout sur un globe, composent la base de chaque colonne.

Du côté du cours de Vincennes, la colonne sud présente l’allégorie de La Victoire, sculptée par Antoine Desbœuf. En 1845, les statues de bronze représentant Philippe Auguste, par Augustin-Alexandre Dumont, et Saint-Louis, par Antoine Étex, furent installées sur la plateforme supérieure de l’une et de l’autre colonne. 

 

autre détail barrière trône

Le décor des frontons de la guérite nord (1843)

De plan cruciforme, les guérites présentent quatre façades identiques d’une seule travée, percées en leur milieu d’une porte rectangulaire et coiffées d’un fronton. A l’est et à l’ouest, les rampants des frontons retiennent le blason de la Ville de Paris, placé sur un corbeau orné d’une feuille d’acanthe. Ce blason, représentant un vaisseau à trois mâts et trois rames sur les flots, est surmonté de la couronne murale à cinq tours et encadré, à dextre, d’une branche de chêne, et à senestre, d’une branche de laurier.

Au nord et au sud, les frontons renferment la nef, symbole de la capitale, environnée de feuilles de chêne et de laurier.

Musée du Petit Palais

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Aimé-Jules Dalou (1838-1902)

Le Triomphe de la République, 1879, plâtre patiné, Paris, musée du Petit Palais

Après l’élection de Jules Grévy à la présidence de la République, en 1879, le projet d’édifier un monument à la gloire de la République dans la capitale se précisa. Classé en seconde position à l’issue du concours lancé pour la conception d’un monument destiné à orner la nouvelle place de la République, le projet d’Aimé-Jules Dalou retint toutefois l’attention de la Ville de Paris, qui commanda sa réalisation en bronze pour la place nouvellement dédiée à la Nation, près de la Barrière du Trône.

Reprenant l’iconographie classique du « cortège triomphal », Dalou, Républicain convaincu, suggère « l’élan qui entraîne l’humanité vers un nouvel âge d’or ». Conformément au thème, il remplace les allégories traditionnelles et les dieux et déesses de la mythologie gréco-romaine par les figures symboliques nourrissant l’idéal républicain. Par le sens du mouvement et le réalisme accordé aux personnages, le monument de Dalou renouvelle les conventions de la sculpture de son temps.

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Aimé-Jules Dalou

Le Triomphe de la République (détail : La République), Paris, musée du Petit Palais

La République se tient debout sur le char de la Nation, tiré par des lions guidés par le Génie de la Liberté. Elle pose le pied sur un globe que recouvrent des feuilles de chêne et de laurier, symboles de justice et de paix. L’ondulation des plis de sa tunique lui confère légèreté et élégance. Ceinte d’une écharpe de commandement et la poitrine en partie découverte, elle porte le bonnet phrygien et tient d’une main un faisceau de licteurs, en allusion à la République « une et indivisible ».

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Aimé-Jules Dalou

Le Triomphe de la République (détail : La Justice), 1879, Paris, musée du Petit Palais

Le Travail, symbolisé par un forgeron, et La Justice, précédée d’un génie portant la balance dans ses bras, encadrent le char ; la Paix répand les fruits de l’abondance.

Place de la Nation 

place nation

Aimé-Jules Dalou

Le Triomphe de la République, 1879-99, bronze, Paris, place de la Nation

Un monument provisoire en plâtre peint fut inauguré à l’occasion des fêtes du centenaire de la République, en 1889. La version définitive en bronze fut inaugurée dix ans plus tard, le 19 décembre 1899.En 1908, des monstres marins crachant des jets d’eau vers le groupe monumental, réalisés par Georges Gardet, furent installés, puis retirés et fondus pendant la Seconde guerre mondiale. Le bassin initial disparut également, lors de la construction de la première ligne du RER, qui passe sous la place de la Nation.

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Aimé-Jules Dalou (1838-1902)

Le Triomphe de la République (détail : La Paix), 1879-99, bronze, Paris, place de la Nation

autre détail place nation dalou

Aimé-Jules Dalou (1838-1902)

Le Triomphe de la République (détail : Enfant à la corne d’abondance), 1879-99, bronze, Paris, place de la Nation

détail place nation dalou

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